24/05/2004

Cinéma familial

Chic, je m'étais dit, ce soir c'est Home Cinéma, avec la bestiole d'Alien qui prendra tout le mur du fond. Alors on vire le cadre avec belle-maman, non, tout compte fait on le laisse, ça fera encore plus peur, on éteint tout, on ferme les tentures, les gsm, on rentre le chien, on se déboutonne, on rassemble les 12 putains de télécommandes, et en avant. Première baffe dès le générique : le cadet en se mouchant m'a fait craindre une faiblesse dans le baffle arrière-gauche. Il me jure qu'il avalera sa morfle en silence, il peut donc rester en stand-by. Déplacement du vaisseau spatial : avec mon nouveau subwoofer on se croirait à Bierzet zone 1. Magnifique. Dire que ces cons se plaignent, alors que pour le même plaisir j'ai dû casquer les congés payés de mon ex qui avait oublié de bloquer ma procuration. 2ème baffe : avec le bruit du détecteur de mouvement de Ripley se rapprochant de ma droite j'ai cru que l'aînée qui revenait avec des chips avait laissé son G ouvert. Une victime collatérale, d'accord, mais c'est la crise, on doit tous se serrer les coudes dans ce putain de vaisseau, et montrer qu'on en a dans l'pantalon. Elle déserte dans sa chambre, aile Ouest, faudra pas compter sur moi pour l'extirper de ce cloaque quand Minou l'aura bouffée. J'aurais d'ailleurs dû faire la peau depuis longtemps à cette saloperie de chat : avec un regard aussi torve c'était pourtant évident que l'ennemi était là, à nos pieds. Argh ! La Bête se cache dans les conduites, je sens son souffle derrière mon canapé. A 3 je lui balance ma chope. Gagné ! On ne l'entend plus. On n'entend d'ailleurs plus rien du tout, court-circuit général : l'ampli doit être phagocité par ces putains de mutants; réflexe de survie, je l'balance sur belle-maman, pas le cadre, la vraie. Un ennemi de moins. Ma concubine apparaît en 3D, alors que le feu gagne la salle des commandes, je ne comprends rien à ses jérémiades, moins que d'habitude je veux dire. Un bonus apparaît sur le mur : des lumières bleues-rouges clignotantes avec des vilains moustachus genre Village People qui s'avancent. Merde, l'un d'eux s'empare de Juliette, je veux prendre mon flingue caché sous le coussin turquoise ramené de Marbella, mais le couscous pas encore digéré m'oblige à m'écrouler dans un mouvement qui me met pas spécialement en valeur. On verra si j'ai droit à une deuxième prise. Le son revient, une vraie cacophonie, le cow-boy en cuir me garde la tronche en terre, une santiag pas réglementaire sur la nuque. Et l'autre con, dans le film, qui implore "Achève-moi, Achève-moi". Je sais pas si c'est l'enceinte gauche tombée à mes pieds, où si c'est l'amant de ma femme, policier dans le civil, qui a fait semblant de croire que la requête venait de moi, mais c'est à ce moment-là, Monsieur le Juge, qu'il m'a arraché l'oreille droite à coups de dents.

21:29 Écrit par Gatky | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

A quand la rubrique dans un magazine? Mooon Dieu ton blog est trop bon. En cette morne période de blocus de juin et de froid (ben oui c'est triste à dire), ça fait du bien! Tes articles me font mourir de rire... Continue!!!
Bien à toi ;-)

Écrit par : Anicée | 04/06/2006

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